Décembre : Saint Nicolas s’est arrêté à Montfort
Par Louise de Brecilien le samedi 5 novembre 2011, 10:27 - Un mois, une histoire - Lien permanent
Quarante jours après la Samain, nous
arrivons avec le solstice de décembre en hiver, à Noël. Phase où se prépare
dans le secret de la germination souterraine, l’éclatement créateur du
printemps, promesse des moissons d’été.
Saint Nicolas est fêté le 6 décembre; Santa Claus, Herne, Pan, le Cornu, le Père Noël sont les incarnations du lien indissoluble de l’homme avec la vie et la nature. En réactivant ces histoires merveilleuses, petits et grands entrent à nouveau en liaison avec un mythe fondateur de l’humanité : le Don du feu.
Saint Nicolas s’est arrêté à Montfort
Autrefois, au cœur de la Bretagne, au
nord-ouest de la forêt de Brocéliande, dans un petit village du nom de Saint
Gilles, vivait la plus jolie des jeunes filles. Outre sa beauté, Nicole était
un beau parti dans la région de Montfort.
Mais elle avait déjà choisi l’élu de son cœur. Alain, un simple garçon de ferme qui travaillait pour ses parents. Les deux enfants avaient grandi ensemble, se retrouvant souvent sur les bords du Meu, c’est là naturellement qu’ils avaient échangé leur premier serment.
Hélas le père de Nicole avait d’autre ambition pour sa fille. Voyant l’avenir compromis, Alain décida de se faire soldat. Depuis quelques mois Nicole n’avait plus de nouvelles du jeune homme, elle décida donc de rendre visite à son oncle qui tenait une auberge-relais dans la vieille ville fortifiée de Montfort. Ainsi la jeune fille pu entendre par la bouche de son oncle, les exploits d’Alain promu sergent. La nuit était tombée et déjà les portes de la ville se fermaient. L’oncle de Nicole lui proposa de rester là.
Au petit matin, Nicole décida de s’en
retourner chez elle. Sur les conseils de son oncle, elle sortit par la porte de
Bréteil, puis elle opta pour un sentier détourné. Malheureusement, à mi
parcours, au calvaire de la Blanche Epine, Nicole fut arrêtée par des soldats
du Seigneur Raoul revenant de maraude. Au comble du désespoir et apercevant au
loin le clocher de l’église Saint Nicolas, elle supplia celui-ci d’intercéder
en sa faveur. Près du chemin, se trouvait un étang où barbotaient des canards
sauvages. Au moment où les oiseaux prirent leur envol, une cane se joignit au
groupe.
La jeune fille avait disparu tandis que dans le ciel, les oiseaux
s’éloignaient paisiblement.