Février: L’herbe nouvelle en Brocéliande
Par Louise de Brecilien le vendredi 1 février 2008, 10:00 - Un mois, une histoire - Lien permanent
Le 1er février, la veille de la
chandeleur, la fête des lumières, fait la transition entre l’hiver et le futur
printemps ; 40 jours après la Noël, est célébré la fête de
Brigit. Elle est l’incarnation de la grande déesse, à la fois
mère, épouse et fille des dieux masculins du panthéon celtique. Jeune fille du
printemps, de sa baguette blanche, elle souffle la vie dans la bouche de la
vieille femme de l’hiver afin que le soleil perce la glace autour de son cœur
gelé.
La vieille femme de l’hiver avait jeté son long manteau de glace sur les courbes rondes de Brocéliande. Elle était crainte de tout le monde car sa colère était aussi féroce que le vent du nord. Chaque automne elle frappait les terres celtes, Grande et Petite Bretagne, de son marteau magique et l’herbe se transformait en éventail de givre.

Durant ces quelques mois sombres, l’ancienne gardait jalousement auprès d’elle la jeune et belle Bride. Car elle avait peur que son fils préféré Angus le toujours Jeune vienne à découvrir le radieux visage de Bride. Comme ce qui est caché finit toujours pas être révélé ; un jour Angus alla consulter dans la forêt de Brocéliande, la Fontaine de Jeunesse. Il vit d’abord, des orages et des vents, puis lui apparu plus éblouissant que le soleil la beauté de Bride.
Pour retrouver sa bien-aimée, malgré l’humeur incertaine de février, il lança un enchantement sur la terre : il emprunta pour février, trois jours à août. Alors le soleil sortit et darda de ses rayons joyeux les vals et les forêts tandis que la surface des lacs se faisait lisse comme du petit lait. Angus prit son cheval blanc et chevaucha au cœur de la forêt magique. Parmi la plainte lugubre du vent, il reconnu la voix triste et douce de Bride. L’infâme vieille femme lui avait commandé de ramasser du bois ne se souciant guère de la morsure du froid.
Quand Bride leva les yeux sur
Angus, elle sentit son être envahi d’une douce chaleur et autour d’elle la
terre se mit à frémir d’aise, l’herbe nouvelle verte et tendre poussa, ça et là
les premières primevères jaune pâle éclairaient les sentiers assombris par
l’oubli. Dans son château de glace, la vieille femme sentit le flux de la vie
battre les tempes de Brocéliande et sut qu’aucune force ne pourrait s’opposer à
l’amour qui venait d’unir Angus à Bride. Alors, elle laissa choir son marteau
magique, son manteau de givre, s’enfonça dans les entrailles de la terre et
elle se transforma en une grosse pierre grise, contrainte à dormir sous les
affleurements rocheux de la forêt de Brocéliande jusqu’au retour du prochain
hiver.
En attendant la terre célébrait les épousailles du Roi de l’été et de la princesse Bride. De la joie et de la liesse qui allaient durer quelques mois car le printemps était là dans l’herbe nouvelle et dans ces petites fleurs jaunes étincelantes comme mille soleils.