Juin : le temps d’une nuit d’été
Par Louise de Brecilien le lundi 2 juin 2008, 18:25 - Un mois, une histoire - Lien permanent
Au solstice d’été, dans le ciel, le soleil
a atteint l’apogée de sa course. Pour célébrer la puissance de l’astre solaire
des feux de joie étaient allumés autrefois. Dans certains villages de
Brocéliande et notamment à Tréhorenteuc la tradition se
maintient encore aujourd’hui. La veille de la Saint-Jean était considérée comme
l’une des trois nuits enchantées de l’année avec Beltaine et Samain. On
racontait alors que les fées, banshees et autres personnages merveilleux
sortaient des tertres et des Sidhs pour se mêler aux humains le temps
d’un songe d’une nuit d’été !
Autrefois le pouvoir magique du feu était d’une puissance extraordinaire, notamment au solstice d’été. Des feux de joie étaient allumés dans tous les villages jusqu’au moindre petit hameau de Brocéliande. Ainsi, le soleil était célébré au sommet de sa gloire. Ayant atteint l’apogée de sa force, l’astre du jour entamait déjà son lent et inexorable déclin vers l’obscurité hivernale. De la lumière était née la graine de la nuit.
La fête avait commencé le soir du 20 juin, chaque mamelon de la forêt enchantée était pailleté d’or. Sur les collines les danseurs vêtus de blancs, ornés de guirlandes et de colliers de fleurs faisaient de grandes farandoles autour des feux. Pour éblouir les belles du pays, les jeunes gens accomplissaient des exploits en sautant par-dessus les hautes flammes. Seul, Yann sans joie au cœur était resté prostré à la ferme familiale de Beauvais. Il avait grandi auprès de sa mère sans pouvoir se détacher de son giron. Ses bras maintenant vigoureux aspiraient à l’étreinte d’une taille fine et élancée.
Alors dans la nuit étoilée, Yann se
rendit au village de Paimpont, trouver son oncle. Il tenait une petite échoppe
dans la rue commerçante : le Brekilien. Malgré l’heure tardive, l’enseigne
accompagnée du Tribann druidique était encore éclairée. Le vieil homme était
versé dans les arts subtils de la nature. Il était sur le départ avec ses
compagnons lorsque Yann arriva dans la petite boutique. A la vue de son neveu,
pâle et sans forme, il laissa partir au devant ses amis.
Alors Yann se livra sans retenue à son oncle, lui confiant sa solitude, sa tristesse de n’avoir personne à chérir. L’homme sage l’entraîna sur le bord du lac de Paimpont. Entre les trois pierres, il se mit à cueillir des simples : de la Reine des Près, de la Verveine et de l’Achillée. De l’Osmonde, de l’armoise et du Sureau. De la sauge, de la mauve et du genêt.
A minuit il en fit un bouquet. De sept étoffes, il l’enveloppa, dans le feu le façonna et dans son cœur y déposa huit gouttes de la rosée de cette aube d’été. Il venait de concevoir une jeune fille brindille, au visage de fleurs. Elle vint se blottir contre la poitrine de Yann et lui déclara :
« Je serai ta joie, je serai ta foi
De moi tu puiseras ta force et ton équilibre
Je suis ta source de vie
Ton énergie »